Nos amis les créationnistes.

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Je ne suis pas le dernier à le penser : le monde monde peut parraitre un peu terne, en effet, si la campagne, l'obscurité et l'ignorance étaient des conditions propices à l'installation de farfadets et autre mauvais esprit, il semble, qu'à l'image de beaucoup d'animaux, l'urbanisation croissante constituent un facteur fort de dépressiment de ces créatures (à part peut être dans charmed ou à la WWE).

Moi même, j'enrichis parfois ce monde désenchanté de quelques verres d'alcool
ou d'une littérature de plus ou moins grande qualité: je suis alors dans une posture d'évasion imaginaire et temporaire de ce monde. D'aucun au contraire choisissent d'adopter une position inverse : intégrer l'imaginaire au réel, ce qui va de  de la croyance en Dieu aux intraterrestres lézard.

Je n'ai jamais réelement su quelle place confier à l'existence de Dieu au sein du débat; beaucoup s'y sont essayé tentant par diverses moyens réthoriques de prouver ou d'infirmer la validité des croyances. Les qualités nombreuses développées à l'ocassaion de ces débats ne semblent pourtant pas nous avoir plus éclairé. Il m'apparait donc vain ici d'énumérer toutes les raisons pouvant pousser les hommes à se rattacher à une entité supérieure ou à tomber dans la superstition des plus coconnes (celle-ci semblerait cependant toucher plus particulièrement les femmes).

Ainsi, la sagesse semblerait nous conseiller d'ignorer ces croyances, apparaissant aujourd'hui inoffensive, c'est à dire limiter à leurs places naturelles : la vie privée.  Cette position semble plus difficilement tenable quand le mysticisme pousse l'offensive dans le domaine scientifique.

Rassurez vous, il ne s'agit pas pour les bigots de tenter de prouver scientfiquement l'existence de Dieu, cette tache particulièrement ardu est aujourd'hui en effet délaissée pour une nouvelle approche que je qualifirai de "déconstruction-construction" et est particulièrement illustrée par les pratiques des partisans du créationnisme et des pseudos sciences en général.

ll s'agit pour les partisans du créationnisme de se placer en tant que contradicteur mais en adoptant les apparences d'une méthode scientifique et d'ainsi se servir du principe de réfutation de toute théorie scientifique pour amener celle ci au centre du débat et de poser en opposant légitime et égal à une théorie scientifique un dogme théologique.




Cette présentation du dogme est à la fois trompeuse et hypocrite, trompeuse dans le sens ou n'est égal à une théorie scientifique (en terme de débat s'entend) qu'une théorie qui admet elle même réfutation or, ce n'est pas le cas de la foi; hypocrite car ce principe de réfutation de toute théorie n'est employée qu'en sens unique : il s'agit de réfuter la théorie (et à travers elle la science dans son ensemble) mais non d'établir preuve du dogme sachant très bien que l'ignorance est le seul facteur de développement pertinent pour la croyance.


Dans un deuxième temps arrive l'offensive, en réalité l'emploi d'éléments factuel pour remettre en cause l'ensemble d'une théorie scientifique. Prenons exemple d'un site créationniste français, dans un post du 26 janvier 2007 celui ci titre "Requin préhistorique attaque la théorie de l'évolution".

De quoi s'agit t-il sur le fond ? De la découverte du représentant d'une espèce que l'on croyait éteinte, il n'en faut alors pas plus au rédacteur pour remettre en cause la théorie de l'évolution :

Les évolutionnistes ne semblent pas se rendre compte que les fossiles vivants sont des preuves que la théorie de Darwin et leur interprétation de la couche fossile sont défectueuses. Il est manifeste que les fossiles vivants n’ont pas disparu pendant des millions d’années pour réapparaître de nos jours comme l’interprétation évolutionniste des couches fossiles nous amènerait à croire.

Réduit à la seule posture d'évolutionniste, les partisans d'une approche scientifique de la compréhension de l'évolution des espèces sont priés d'admettre la véracité du propos de la Bible : en effet, si un un animal que l'on croyait disparut est vivant, c'est un fossile vivant, or si un fossile est vivant il n'est pas fossile, il n'a donc pas disparut mais à continuer à exister, ainsi est donc démontré la persistence des espèces chères aux créationnistes.

Invariabilité des animaux: Contrairement à la croyance populaire, la plupart des fossiles ne sont pas des traces d’animaux éteints. La majorité des spécimens fossilisés sont très semblables (et souvent totalement identiques) aux créatures vivant aujourd’hui. On dit qu’il y a bien plus d’espèces animales vivantes qu’il y en a de connues uniquement à l’état fossile. Si l’évolution est vraie, on peut se demander pourquoi ce n’est pas exactement l’inverse! L’histoire évolutionniste est supposée être remplie des stades transitoires de l’amibe à l’homme.

Je vous avoue lecteurs, que j'ai une sincère préférence pour ce passage, celui pourrait même avoir été inventé pour servir d'exemple type de la rhétorique créationniste tant il accumule mensonge et mauvaise foi en quelque lignes.

Dans l'ordre, celui ci nous présente d'une manière réductrice et mensongère l'interprétation contemporaine des fossiles : les fossiles seraient pour ces crédules, par définition, des représentants d'espèce éteinte contredisant ainsi les propos tenus un peu plus haut parlant de fossile vivant ce qui constitue le signe évident d'une débilité profonde, d'une absence totale de mémoire ou de la plus grande mauvaise foi.

Par la suite est opposé rareté des fossiles à la diversité des êtres vivants, l'argument sous entendu sans plus de constistance est de considérer qu'au vue de la théorie évolutionniste chaque être vivant étant le produit d'une succession d'espèce antérieure, les espèces éteintes devraient être plus nombreuse que les espèces contemporaines. Bien sur cette affirmation fait fi à l'image de l'article de toute connaissance de la théorie qu'elle prétend contredire et d'une ignorance volontaire des difficultés de la recherche d'espèces lointaines.

D'une part, elle limite l'évolution à une conception finaliste de celle ci, ignorant le caractère buissonant de la théorie évolutive et le caractère réccurent des phénomènes d'extension de masse, se produisant nottament lors d'un changement du milieu de créatures extrèmement spécialisées.

D'autre part, c'est ignorer les difficultés inhérentes à la découverte de fossile, à la conservation des fossiles (imaginez vous, broyé pendant des années par la dérive tectonique et les variations géologiques diverses) et à la fossilisation.

Oubliant par la même que cette difficuté n'a pas attendu la substitution des créationnistes aux censeurs pour être entendu par le monde scientifique, ainsi, comme nous le rappelle un dossier fort intéressant de futura-science , Darwin lui même n'ignorait pas ce problème et proposait ainsi de le comprendre :

Quant à moi, je considère les archives géologiques, selon la métaphore de Lyell, comme une histoire du globe incomplètement conservée, écrite dans un dialecte toujours changeant, et dont nous ne possédons que le dernier volume traitant de deux ou trois pays seulement. Quelques fragments de chapitres de ce volume et quelques lignes éparses de chaque page sont seuls parvenus jusqu'à nous.

Chaque mot de ce langage changeant lentement, plus ou moins différent dans les chapitres successifs, peut représenter les formes qui ont vécu, qui sont ensevelies dans les formations successives, et qui nous paraissent à tort avoir été brusquement introduites.

Cette hypothèse atténue beaucoup, si elle ne les fait pas complètement disparaître, les difficultés que nous avons discutées dans le présent chapitre.


Plus d'un siècle après la publication de l’Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la lutte pour l’existence dans la nature est- il encore pertinent de soulever cette difficulté inhérente à la matière alors que le développement de la recherche scientfique dans tous les domaines a plus que confirmer l'hypothèse Darwinenne ? Citons ainsi les progrès de la génétique qui ont permis d'attester de la véracité des mutations génétiques spontanées permettant de mieux comprendre les mécanisme de l'évolution.

Plus fourbe encore est la supercherie établie sur la base de la confusion entre ressemblance externe des fossiles et des espèces vivantes et similarité de ces deux espèces. Nous l'avons vu la conservation des fossiles est un processus aléatoire et exceptionnel, cependant, plus rare encore est la conservation de corps mous. Or, si la mutation nous apparait comme évidente quand elle est attestée par des modifications externes elle n'en est pas moins présente lorsque les modifications sont internes : une espèce peut persister dans sa forme tout en étant radicalement différentes.

En guise de bouquet final, la dernière phrase apparait  alors dans tout son ridicule 

L’histoire évolutionniste est supposée être remplie des stades transitoires de l’amibe à l’homme.

En guise de conclusion rapide (car ce billet semble ne pas vouloir se terminer), je rappelerai que l'histoire évolutionniste n'existe pas, qu'il existe l'Histoire et des manières différentes d'appréhender celle ci à travers les signes laissés par son déroulement personne n'ayant malheureusement prit soin de la consigner durant les 4 derniers milliards d'années.

L'homme, n'étant pas le point d'orgue de l'évolution ce ne sont pas des stades transitoires entre l'amibe et l'homme qui apparaitront mais bien des ancètres communs à l'homme et à d'autres espèces, pris dans l'ordre inverse de lecture d'un arbre phylogénétique, jusqu'au mystérieux LUCA (égal parent de l'amibe, de l'homme et de tous les êtres vivants).

Il est d'usage pour l'Homme de s'établir en tant qu'être supérieur, sommet de la pyramide de l'évolution ou centre d'attention d'un Dieu omnipotent malheureusement pour notre confort, les progrès de la recherche scientifique et de la génétique en particulier nous invitent à relativiser cette conception fort flatteuse mais fausse d'un point de vue biologique.

Ainsi la volonté sincère des créationnistes de réaffirmer la spécificité de l'homme est pour moi loin d'être défendu par la négation constante des progrès de la science, par l'emploi du mensonge et de la mauvaise foi, par la référence perpétuelle à un dogme éternel.

En effet, la compréhension des mécanismes de l'évolution nous invite à regarder avec bien plus d'attention ce qui nous différencie réelement des animaux et nous pousse à chercher et comprendre le mystère de nos origines : c'est à dire notre raison. Et je pense que c'est avec fierté et honnêté qu'il nous faut exercer ce magnifique avantage évolutif.

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