Toute à sa joie de se préparer coquettement pour la grande kermesse du débarquement touristique à grand renfort de ravalement de façade, rénovations et autres soins féminins, ma belle ville d'Avignon s'est réveillée hier matin avec la gueule de bois.
Une gueule de bois qui sent fort le vin rouge bon marché et la bière premium. Mardi marquait le jour de la reprise des actions de la très médiatique association des enfants de Don quichotte sur l'ensemble du territoire français et notamment en Avignon.
Bien que je regrette la médiatisation à outrance de la misère quotidienne à la télévision, redoutant toujours je ne sais quel usage détourné du déluge de bons sentiments qui l'accompagnent, le terme médiatique n'est pas à prendre cette fois ci comme une critique.
Je m'explique, je pense que aujourd'hui, rien n'est plus facile que d'ignorer autrui, de diluer ses propres tracasseries dans la responsabilité collective et dans l'impuissance individuelle, d'autant plus quand cet autrui nous renvoie une image guère enviable de nous même. Détourner le regard pour éviter de créer un contact, s'absorber dans le paysage de l'autre coté de la ville, le baladeur sur les oreilles pour ne rien entendre, c'est le genre de trucs que j'ai appris à pratiquer. De toute façon en rentrant, on a assez de distraction pour ne plus y repenser: télé, ordi, séries en streaming, musique, bouquins, je ne me rappelle guère d'une minute de ma vie ou je n'ai pas focalisé mon attention sur un point précis.
Dans cette optique, la médiatisation des actions des enfants de donquichotte peut apparaitre comme la simple gradation dans les immiscions de la misère dans notre quotidien, dans notre sphère privée, là ou de toute nos forces nous ne souhaitons pas qu'elle se trouve. Bref la réponse du loup à la bergère.
Cette invasion télévisuelle reste quand même dérangeante pour tout ceux qui aiment regarder la télé, se délecter des derniers faits divers, du shit qui défoncent les jeunes, des jeunes qui défoncent les flics, des flics qui défoncent les gens (à non, la il s'agit d'extrapolation des gauchistes de tous poils). Où se réfugier si même la télé se met à diffuser des images de clochards qui sont autres choses que des tueurs ou victimes de tueurs en série ? Le malaise guette !
Ceci n'est cependant pas seulement fâcheux pour les amoureux de la télévision mais aussi pour la belle cité papale car ce débarquement n'intervient pas au meilleur moment pour la belle cité.
Si en Avignon on tolère les clochards en hiver, quand la ville hiberne, et si on s'en fout pendant le festival tant il est parfois difficile de distinguer le clodo de l'artiste théâtreux alcoolique ami du tiers monde dont il aime partager les fringues, c'est plus problématique à cette période.
C'est en effet la période où tous grassouillets touristes allemands, entamant leur migration saisonnière, débarquent pour s'extasier devant les merveilles de l'histoire française, et non pour assister à un pathétique remake de Camping version misère urbaine. D'autant plus que ces pauvres aiment s'installer là ou ils sont les moins à leur place, c'est à dire dans les beaux quartiers.
Ce malaise est accentué par l'impudeur de ces gens peu fortunés, qui, en plus d'encombrer la chaussée, persistent dans leur volonté de ternir l'image de notre belle France, terre d'exception culturelle: ne se contant pas de cacher nos plus beaux monuments, ils font également un doigt à nos plus beaux couturiers en portant de très laids vêtements surement fabriqués en Chine par des enfants (dont ils ne se soucient le moins du monde) et ayant sans nul doute passé des mois dans une poubelle.
Est-ce sensé d'agir comme ça, en ces temps ou l'ensemble de la planète nous regarde ?
Étant quelqu'un de foncièrement sympa, avant que quiconque ne balance le premier jet de pierre (ou de tonfa chipotons pas) je propose que l'on commence par tenter d'agir, ensemble, en répondant à la demande de la population. Trouvons des compromis ! Nous pourrions par exemple relancer l'économie en aidant les plus pauvres à se vêtir correctement, commandons en quantité des vêtements de qualité : banane, claquette, short et chaussette montante, qu'on les confonde enfin avec nos touristes.
L'intégration sociale est sans nul doute l'enjeu du siècle, ne le loupons pas : rhabillons nos clodos !
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1 avis éclairés:
Pouah, ta CSS est aussi colorée que... elle me fais penser à... on dirait un... enfin bref, elle est putain de moche.
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